Tour d'horizon sur les régimes que l'on recommande aux SEP


La diététique de la sclérose en plaques

Les aliments qui combattent l'inflammation

jeudi 12 octobre 2017, 09:24
Dans cette étude qui a duré 5 ans, les chercheurs ont évalué les apports alimentaires en vitamine B5 de 908 personnes et déterminé en parallèle leurs taux de protéine C-réactive. Les apports quotidiens moyens en vitamine B5 étaient de 4,5 mg chez les hommes et de 4 mg chez les femmes. Les résultats ont aussi montré que les personnes ayant les apports les plus élevés en vitamine B5 au début de l'étude mais aussi au cours du suivi avaient également des concentrations en protéine C-réactive plus faibles à la fin, indiquant une inflammation plus faible.
La vitamine B5 (acide pantothénique) pourrait diminuer l'inflammation en augmentant la synthèse du coenzyme A et en favorisant la synthèse du glutathion (un antioxydant) permettant ainsi de diminuer le stress oxydant. Ce dernier joue en effet un rôle important dans le développement des maladies inflammatoires chroniques.
Vous trouverez cette vitamine essentiellement dans les abats (foie et rognons surtout), le poulet, le bœuf, les œufs, les champignons (le shiitaké notamment), les céréales complètes, l'avoine ou encore les brocolis.

Régime Wahls

Le régime exclut les céréales, le sucre, les œufs, les produits laitiers, les légumineuses, et privilégie les fruits, les noix, le poisson, la viande et les légumes - ce que nos ancêtres du Paléolithique consommaient. Terry Wahls encourage les patients et leur famille à instaurer ce type de régime.
Plus de protéines. Nos ancêtres consommaient plus de protéines que nous, notamment animales. Mais ils consommaient aussi entre 600 grammes et 1600 grammes de végétaux chaque jour, avec à peu près autant de calories provenant des végétaux que des aliments d'origine animale.

Régime Paléo

Autant de graisses, mais différentes. Ils mangeaient à peu près autant de graisses que nous, mais les graisses étaient différentes avec un apport élevé en oméga-3 et un rapport oméga-6/oméga-3 plus de dix fois plus faible.
Moins de glucides. Leur seule source de sucre étaient les fruits, les racines et tubercules et les baies (le miel, unique source de saccharose restant une denrée rare). Ils ne mangeaient ni céréales, ni produits laitiers. Ils consommaient donc moins de glucides que nous. De plus, qualitativement, ces glucides étaient meilleurs pour la santé et exempts du sucre raffiné et du lactose que nous ingérons de nos jours. De ces constats, les chercheurs ont fait émerger des régimes respectant l'alimentation ancestrale mais adaptée au monde d'aujourd'hui.
Les principes
Le régime Paléo exclut céréales, légumes secs, laitages, sucre, sel, parce que ces aliments apparaissent au néolithique, au moment de la révolution agricole (culture, élevage). La question des huiles est débattue. Certains chercheurs considèrent qu'elles n'ont pas leur place dans le régime Paléo stricto sensu puisqu'il s'agit d'aliments transformés: il faudrait consommer des oléagineux (olives plutôt qu'huile d'olive, etc...). D'autres chercheurs estiment qu'on peut les intégrer au régime car celui-ci doit faire preuve d'une certaine souplesse.
Aux États-Unis, c'est Loren Cordain, professeur à l'université de l'état du Colorado et membre de l'Institut américain de nutrition, qui a développé dans son livre, The Paleo Diet, comment le régime paléolithique pouvait s'adapter à la culture américaine. Le livre de Thierry Souccar, Le régime préhistorique décrit les aspects alimentaires de l'évolution humaine et les conséquences physiologiques et cliniques de l'alimentation moderne.
Le livre de Mark Sisson,Le Modèle Paléo, reprend les principes alimentaires du régime paléo et les étoffe avec des conseils sur l'exercice physique, le jeu, les relations sociales, pour reproduire les différentes facettes de l'existence pré-agricole. En France, Marc-Olivier Schwartz et Thomas Renoult ont adapté le régime dans Manger Paléo, un guide pratique avec menus et recettes,
Cette diète se fonde sur quelques grands principes de base:
•Manger viandes maigres, poissons et produits de la mer
•Manger fruits et végétaux sans amidon à volonté
•Pas de céréales
•Pas de légumineuses
•Pas de produits laitiers
•Pas d'aliments transformés

Ce régime est assez proche de celui du Dr Jean Seignalet, qui était médecin et enseignant à l'université de médecine de Montpellier, tel qu'il est expliqué dans son livre L'alimentation ou la troisième médecine. Le régime Seignalet est conçu pour réduire les réactions auto-immunes. Le Dr Seignalet insiste sur l'importance de consommer au maximum les aliments crus.
Le Dr Seignalet donne cinq grandes règles à suivre pour se rapprocher au mieux de l'alimentation convenant à nos gènes, tout en gardant une vie sociable normale:
•Exclure les céréales à l'exception du riz et du sarrasin
•Exclure les laits animaux et leurs dérivés
•Consommer une majorité de produits crus (viandes, poissons et œufs compris)
•Utiliser des huiles végétales vierges, obtenues par première pression à froid
•Préférer chaque fois que possible les produits issus de l'agriculture biologique.

Les légumes verts et les légumineuses sont autorisés, à condition d'être cuits à la vapeur douce. La consommation massive de crudités et de fruits est encouragée. Les protéines doivent être ingérées de préférence au cours d'un seul des trois repas quotidiens.
Le régime paléolithique n'est pas une mesure diététique à suivre sur un temps limité pour perdre les quelques kilos superflus qui gâchent la silhouette. C'est au contraire un mode de vie à adopter définitivement pour prévenir, ou guérir, un certain nombre de maladies chroniques. La perte de poids, avérée, ne serait en quelque sorte que le premier effet, visible, des bienfaits de cette diète.
Selon Loren Cordain, le retour aux sources alimentaires permettrait de lutter contre les maladies du syndrome X (hypertension, diabète de type II, cholestérol, maladies cardiovasculaires, obésité, acné, cancers du sein, de la prostate et du côlon, etc.) mais aussi contre l'ostéoporose, l'asthme, certains troubles digestifs (constipation, hémorroïdes, ulcères, calculs, etc.), des maladies inflammatoires comme l'arthrite rhumatoïde ou la sclérose en plaques, ou même le cancer de la peau.
Pour Jean Seignalet, le constat est identique: la plupart des fléaux de santé publique aujourd'hui pourraient être évités grâce à l'adoption de ce régime. Au cours de sa carrière, il a ainsi testé avec succès les effets de cette diète sur des maladies encore mal soignées par la médecine classique comme la fibromyalgie, la sclérose en plaques ou l'arthrite rhumatoïde.
Les bénéfices santé du régime paléolithique sont directement imputables à un apport protéique élevé (satiété plus rapide, réduction du mauvais cholestérol, baisse de la tension artérielle, amélioration du métabolisme de l'insuline), aux fruits et légumes en quantité (meilleur équilibre acido-basique, prévention des cancers et régulation du transit intestinal), aux apports substantiels en oméga-3 (prévention des maladies cardiovasculaires). Mais aussi à l'exclusion du sel, des sucres, des féculents, du gluten et des laitages (dont les protéines sont fortement antigéniques).
En revanche, mal conduit, ce régime pourrait fournir des quantités trop élevées de produits animaux et trop peu de végétaux, ce qui peut augmenter le risque de certaines maladies comme les cancers digestifs.
En résumé
Le régime paléolithique incite à manger plus de protéines, plus de végétaux, plus d'oméga-3 et moins de glucides. Le sucre, le sel, les céréales, le lait et ses dérivés et les aliments transformés sont à éviter ou limiter fortement. Légumes, fruits, racines et graines doivent être privilégiés tandis que le recours à la cuisson peut être minimal. En mangeant ce qui correspond aux fonctions originelles de l'organisme on maigrit certes mais on pourrait prévenir aussi un certain nombre de maladies.
Qu'en dit la recherche?
L'établissement du régime de nos ancêtres est un sujet de recherche scientifique. À ce titre, la composition de la diète ancestrale est susceptible de varier au rythme des nouvelles découvertes. Le régime préhistorique tel qu'il est prôné par Loren Cordain ou Jean Seignalet pourrait aussi être faussé par le fait que le choix des aliments des hommes du Paléolithique dépendait de la chasse, du climat, des saisons, etc. Alors que nous disposons aujourd'hui de tous les aliments dont nous voulons à portée de main.
Les débats portent sur la place des produits carnés dans ce régime, bien qu'il soit possible de suivre un régime Paléo essentiellement végétarien.
En revanche, les bienfaits d'une alimentation riche en fruits et légumes, sources de vitamines et d'antioxydants, sur la prévention des cancers, de l'hypertension, de l'ostéoporose sont avérés.
De même, une consommation accrue d'aliments riches en oméga-3 (poissons gras, huiles de colza ou de noix, noix, légumes verts à feuilles) a été associée à une diminution du risque de maladies cardiovasculaires.
De plus, les recherches récentes montrent que ce sont les glucides apparus avec le Néolithique et l'avènement de l'agriculture (céréales et sucre du lait) qui possèdent les index glycémiques (IG) les plus élevés. Or la consommation d'aliments à IG élevé a été associée à une prise de poids et à une sensibilité accrue à l'insuline, donc un risque plus grand de diabète de type II.
Les études d'intervention avec le régime paléo ont montré des résultats favorables notamment chez les personnes souffrant de syndrome métabolique et de diabète. Mais on ne dispose pas d'études de longue durée et on ne sait pas si ces bénéfices perdurent, ni si des effets indésirables apparaissent à la longue chez certaines personnes.
Ce régime suppose une transformation radicale de nos habitudes alimentaires, il faut donc être motivé pour l'entreprendre. La perte de poids n'est pas le but principal du régime, ce n'est qu'une conséquence à court terme du changement d'alimentation.
Ce régime peut être conseillé aux personnes souffrant de maladie chronique métabolique (diabète) ou inflammatoire (auto-immune). Pour qu'il soit bénéfique, il faut mettre l'accent sur une augmentation massive des végétaux.
Bibliographie
Jean Seignalet: L'alimentation ou la troisième médecine, collection Ecologie Humaine, Editions François-Xavier de Guibert, Paris, 2004 (cinquième édition).
Loren Cordain: The Paleo Diet, John Wiley and Sons, États-Unis, 2002
Eaton SB.: " Paleolithic nutrition. A consideration of its nature and current implications. " N Engl J Med. 1985 Jan 31; 312(5):283-9
O'Keefe JH Jr: " Cardiovascular disease resulting from a diet and lifestyle at odds with our Paleolithic genome: how to become a 21st-century hunter-gatherer. " Mayo Clin Proc. 2004 Jan;79(1):101-8.
Cordain L.: " Plant-animal subsistence ratios and macronutrient energy estimations in worldwide hunter-gatherer diets. " Am J Clin Nutr. 2000 Mar; 71(3):682-92.
Cordain L: " The paradoxical nature of hunter-gatherer diets: meat-based, yet non-atherogenic. " Eur J Clin Nutr. 2002 Mar;56 Suppl 1:S42-52.
Mann NJ: " Paleolithic nutrition: what can we learn from the past? " Asia Pac J Clin Nutr. 2004;13(Suppl):S17.

Régime Swank

Nourritures et SEP
Roy Swank a commencé à étudier la SEP en 1948. Il a mis au point son régime vers 1950 après avoir observé une incidence plus élevée de la maladie dans les régions où les habitants mangeaient de la viande, du lait, des œufs et du fromage – des aliments riches en graisses saturées- et une incidence réduite de la SEP dans les zones où l'on mange plus de poisson.
Consultez le site de la Fondation Swank
Le régime du médecin australien George Jelinek, lui aussi atteint de sclérose en plaques et aujourd'hui considéré comme guéri, exclut également les graisses saturées (viandes, laitages). Il s'agit surtout d'un régime centré sur les végétaux, avec comme seuls aliments d'origine animale les poissons. Ce régime est enrichi en acides gras oméga-3 (graines de lin) et en vitamine D (exposition au soleil). Il est détaillé, avec d'autres mesures, dans son livre (en anglais)
Le régime méditerranéen
Dans une petite étude iranienne, 70 patients atteints de sclérose en plaques qui n'avaient pas changé leurs habitudes alimentaires après diagnostic de la maladie ont été comparés à 142 Iraniens hospitalisés pour des pathologies mineures. L'adhérence au régime méditerranéen était mesurée grâce à un score à 9 unités sur la base des réponses aux questionnaires alimentaires.
Résultats: ceux qui avaient un régime le plus proche d'un régime méditerranéen avaient une probabilité 4 fois plus faible d'être atteints de sclérose en plaques. De plus, seulement 19 % des patients atteints de sclérose en plaques utilisaient des huiles végétales contre 54 % chez les témoins. Tandis que 37 % des patients utilisaient de la graisse animale contre seulement 10 % chez les témoins. Ce qui semble confirmer l'hypothèse selon laquelle la consommation de graisses insaturées exerce un effet protecteur.
Autre fait intéressant, les patients atteints de la sclérose en plaques avaient 2 fois plus de "risque" d'être nés en automne et 2 fois moins de "risque" d'être nés en été, ce qui confirme l'hypothèse selon laquelle l'exposition au soleil, via la vitamine D, pourrait protéger de la sclérose en plaques.
Un régime qui mime le jeûne et une diète cétogène
Des chercheurs de l'université de Californie du sud ont utilisé des souris modèles pour la sclérose en plaques pour tester un régime qui mime un jeûne. Ces souris suivaient ce régime pendant trois jours (jour 1: 50 % des apports caloriques normaux et jours 2 et 3: 10 % des apports), avec trois cycles de sept jours en tout. Un groupe témoin a suivi un régime normal.
Les résultats montrent que le régime qui mime le jeûne réduisait les symptômes de la maladie chez les souris et a permis la rémission de 20 % des animaux. La réduction des symptômes était liée à une augmentation de la corticostérone, une hormone libérée par les glandes surrénales. Il y avait aussi une diminution des cytokines inflammatoires et des améliorations au niveau des lymphocytes T responsables de l'immunité. Le régime supprime l'auto-immunité en induisant l'apoptose des lymphocytes. De plus, le régime qui mime un jeûne favorisait la régénération de la myéline.
Les chercheurs ont aussi testé le régime sur des patients souffrant de sclérose en plaques grâce à un essai pilote. 18 personnes ont suivi un régime mimant le jeûne pendant sept jours avec 800 calories le jour 1 (40 % des apports normaux) et 200 à 350 calories les six jours suivants. Puis les aliments ont été réintroduits progressivement et le régime méditerranéen a pris la suite pendant 6 mois. De même, pendant 6 mois, 12 personnes suivaient un régime témoin et 18 un régime cétogène (riche en graisses et très pauvre en glucides).
Les personnes qui ont suivi le régime mimant le jeûne et la diète cétogène ont signalé des améliorations de leur qualité de vie et de leur santé physique et mentale. Le régime semblait  faisable et sans danger pour les patients.
Sources
UI researcher gets $1 million grant to study MS diets. Université de l'Iowa, communiqué de presse, août 2016.
Sedaghat F, Jessri M, Behrooz M, Mirghotbi M, Rashidkhani B. “Mediterranean diet adherence and risk of multiple sclerosis: a case-control study.” Asia Pac J Clin Nutr. 2016;25(2):377-84. doi: 10.6133/apjcn.2016.25.2.12.
In Young Choi et al. A Diet Mimicking Fasting Promotes Regeneration and Reduces Autoimmunity and Multiple Sclerosis Symptoms. Cell Reports, May 2016 DOI: 10.1016/j.celrep.2016.05.009


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